Apple a demandé à l'Union européenne d'abandonner le Digital Markets Act (DMA), une loi historique conçue pour limiter le pouvoir des grandes entreprises technologiques. La société affirme que la réglementation a déjà retardé plusieurs nouvelles fonctionnalités de l'iPhone en Europe et introduit des risques en matière de sécurité et de confidentialité en forçant l'interopérabilité avec des logiciels et des services tiers.
La loi sur les marchés numériques est entrée en vigueur en 2023 et a été pleinement appliquée en 2024, ciblant les sociétés dites « gardiennes », notamment Apple, Meta, Google, Amazon et Microsoft. Cela nécessite des plates-formes permettant aux concurrents un accès plus équitable, empêchant l’auto-préférence et garantissant l’interopérabilité entre les applications, le matériel et les services. La loi autorise également les régulateurs à imposer des amendes allant jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial et 20 % en cas de violations répétées. Apple a déjà été condamné à des amendes importantes en vertu de la DMA pour avoir empêché les développeurs d'applications de diriger les utilisateurs vers des options de paiement externes.
Dans sa soumission aux régulateurs européens, Apple a déclaré que le DMA rendait « plus difficile l’exploitation en Europe », soulignant les retards dans le déploiement de fonctionnalités telles que la mise en miroir de l’iPhone sur Mac, la traduction en direct sur les AirPods et les outils de localisation dans Apple Maps. La société affirme que certaines des garanties proposées ont été rejetées, l'obligeant à choisir entre lancer des fonctionnalités avec des protections plus faibles ou les retenir complètement. Apple affirme que cela compromet sa capacité à offrir une expérience utilisateur transparente et sécurisée.
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Apple a également souligné que les exigences du DMA menacent la vie privée des utilisateurs et la sécurité des appareils. En exigeant un accès plus approfondi aux développeurs tiers, la société affirme que les données sensibles et les fonctions essentielles du système pourraient être exposées à une utilisation abusive potentielle. Cette position est cohérente avec la position de longue date d'Apple selon laquelle son écosystème fermé est essentiel à la protection des utilisateurs, même s'il limite la concurrence.
Dans le même temps, les régulateurs européens considèrent le DMA comme une correction nécessaire aux déséquilibres du marché. Pendant des années, le contrôle d'Apple sur l'App Store, les paiements intégrés et l'intégration au niveau des appareils a été critiqué comme étant anticoncurrentiel. En exigeant l'ouverture, la Commission européenne espère favoriser davantage d'innovation et de choix pour les consommateurs, même si elle oblige les grandes entreprises à faire des compromis sur certains aspects de leurs modèles économiques.
Le moment choisi pour la demande d'Apple est important puisque la Commission européenne mène actuellement son premier examen de l'efficacité du DMA, avec une attention particulière sur la manière dont il devrait s'adapter aux technologies émergentes comme l'intelligence artificielle. Il est peu probable que les efforts d'Apple pour faire abroger la réglementation aboutissent, mais cela pourrait influencer le débat sur la question de savoir si des ajustements ou des exemptions devraient être envisagés dans les futures révisions.
Jusqu’à présent, l’UE n’a montré que peu de volonté de reculer. Plus tôt cette année, il a ordonné à Apple d’ouvrir davantage son écosystème à ses concurrents, notamment aux fabricants tiers de montres intelligentes, et a imposé des sanctions financières en cas de non-conformité. Les régulateurs soutiennent que sans de telles mesures, la concurrence sur les marchés numériques resterait étouffée par la domination de quelques gardiens.
L'appel d'Apple crée un conflit aux enjeux élevés entre son modèle de matériel et de logiciels étroitement intégrés et les efforts de l'UE pour remodeler l'économie numérique. Le résultat déterminera la rapidité avec laquelle les utilisateurs européens auront accès aux nouvelles fonctionnalités, le degré de contrôle qu’Apple pourra conserver sur son écosystème et si des lois similaires s’étendront au-delà de l’Europe. Pour l’instant, Apple signale que le DMA, dans sa forme actuelle, est incompatible avec la manière dont il construit ses produits.
